KATARINA NICKLAUS
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Emily Greenwell, quand tu nous tiens...

lundi 27 août 2007, par knicklaus

Anthony Drakehurst : une plume qui a de l’allure et du rythme !

Voir en ligne : Le site d’Anthony Drakehurst

Je vous avais annoncé que j’allais bientôt mettre en ligne ma note de lecture sur "La vengeance d’Emily Greenwell".
J’avoue être un peu gênée de le faire, c’est pourquoi j’ai pris quelques jours de recul pour être impartiale. En effet, il est délicat de faire l’apologie d’un roman dont on connaît l’auteur et à paraître chez son propre éditeur.
C’est pourtant le pari risqué que je m’apprête à prendre.
Vous l’aurez donc deviné, il s’agit d’un roman à fort contenu historique. Je le qualifie de roman "à forte ambiance" : nombreux rebondissements qui tiennent le lecteur en haleine, aspect fortement historique et bien documenté qui captive le lecteur et le fait voyager dans le passé mais surtout justesse et puissance des personnages. Du plus important aux seconds rôles, aucun d’entre eux n’est insignifiant ni ne laisse indifférent.
Bien sûr, les lecteurs (et surtout les lectrices) seront unanimes sur l’héroïne, Emily Greenwell, une forte tête fragilisée par sa condition féminine (nous sommes au 17ème siècle), totalement intrépide et déterminée pour laquelle on tremble. Elle a tout pour elle : elle est jolie, elle est jeune, elle a du caractère et du charisme et il lui arrive tant d’aventures ! Comment ne pas retenir son souffle ? Elle a l’ampleur d’une Scarlett O’Hara dans "Autant en emporte le vent". D’ailleurs, je verrai très bien ce roman adapté au grand écran.
Paul de Batz-Castelmore, quant à lui, n’a rien à envier à son frère cadet le fameux mousquetaire d’Artagnan que Dumas a fait vivre sous sa plume : il en a l’envergure. Il y a de quoi en tomber amoureuse et rêver de posséder une machine à remonter le temps pour le rencontrer ! Jusqu’à la dernière ligne, le bouillant gascon ne déçoit pas.
Ma troisième préférence va à John Lilburne, "John le né libre". J’ai longuement hésité entre lui et Frances Lambert (la délicieuse Frances). C’est vrai que leurs caractères respectifs sont à l’opposé l’un de l’autre. L’un est un pamphlétaire politiquement engagé – on apprend qu’il a été l’un des inventeurs du communisme - un homme de conviction qui se bat pour les libertés du peuple anglais. Ce combat de toute une vie lui vaut de passer le plus clair de son temps emprisonné à la Tour de Londres. Je ne peux que saluer le courage et l’esprit de sacrifice et d’abnégation de cet homme et aussi de sa femme Elisabeth, initiatrice du mouvement féministe anglais et aussi mondial, personnages très présents dans le roman et qui ont réellement existé. Dans l’intrigue, John Lilburne a un rôle clé et inattendu puisqu’il faut attendre la fin du roman pour le découvrir. Lectrice assidue de romans historiques, j’admets qu’Anthony Drakehurst m’a bluffée de A jusqu’à Z. John Lilburne possède cette touche de charme puissante qui le rend complètement réel et attachant.
Il peut sembler parfaitement injuste de classer Frances Lambert en quatrième position ; si vous m’accordez un "ex æquo", je suis d’accord pour la placer sur le même "pied" que John le né libre (comme on le disait en France au 17ème siècle). Certains poseront peut-être un jugement sur sa conduite en la traitant d’intrigante et d’arriviste aux mœurs dépravés (tout comme Emily d’ailleurs) ; en ce qui me concerne, je ne retiens que son côté pétillant comme une bulle de champagne et sa fidélité en amitié. Elle me fait un peu penser à Joséphine de Beauharnais tout comme Cromwell, omniprésent dans le récit, me rappelle Napoléon du temps où il était Bonaparte. Ce parallèle imprègne très fort mon esprit.
Et puis, jusqu’au bout, il y a cette intrigue solidement ficelée en dépit de la complexité des situations qui nous fait faire connaissance avec de nombreux "seconds rôles" hauts en couleurs, de Mazarin à Moseley en passant par Anne d’Autriche et Louis-Etienne de le Brosse, espion de sa Majesté. Mais chut ! Je tiens à ne pas trop en dire. Ce serait rompre la magie de cette fabuleuse histoire qui mérite à mon sens de recevoir les louanges réservées habituellement par les journalistes aux best-sellers de la rentrée littéraire, une rentrée fabriquée de toutes pièces par le star system germano-pratin, ses connections et "attachées de stress"...
En ce qui me concerne, je tire mon chapeau à l’auteur ou aux auteurs cachés derrière ce pseudonyme.
Si vous aimez l’Histoire, les romans de cape et d’épée et d’amour, vous ne serez pas déçus par La vengeance d’Emily Greenwell.
Vous découvrirez par la même occasion qu’un siècle avant notre Révolution française, qui n’a fait que redistribuer les privilèges, il y a eu la Révolution anglaise qui elle, a débouché sur une monarchie parlementaire aussi remarquable que solide.
Faute de prix littéraire ou d’Oscar (ce roman est aussi vivant qu’une version cinématographique) pour couronner sa performance, Anthony Drakehurst mériterait de recevoir les palmes académiques pour la rigueur de ses recherches historiques et ses découvertes qu’il nous fait partager !

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2 Messages de forum

  • Emily Greenwell, quand tu nous tiens...

    27 août 2007 20:45, par Eric LEQUIEN-ESPOSTI

    Bonjour Katarina,

    Mon commentaire n’a absolument rien à voir avec votre billet, mais il s’avère que je ne savais où le mettre.

    Simplement pour vous dire avoir plutôt apprécié votre intervention relative à l’article du jour du blog "Je résiste à tout [...]" ; le lien en signature.

    J’ai moi-même enfoncé le clou... Nous verrons !

    En toute sympathie

    Eric / eric-lequien-esposti.com

    Voir en ligne : http://jeresisteatout.over-blog.fr/...

    Répondre à ce message


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